La situation familiale des publics éloignés de l’emploi est une dimension importante de leur bien-être, qu’il importe de prendre en compte pour l’accompagnement et le suivi pédagogique  des stagiaires CISP. L’un des aspects examiné par l’enquête Bien-être et Insertion est celle de la parentalité.  Les données de l’enquête montrent qu’un stagiaire sur deux est parent d’un ou plusieurs enfant(s) mineurs : parmi eux, un tiers (soit un stagiaire sur six au total !) est constitué de mamans  isolées, hébergeant généralement leurs enfants à temps plein –  une situation connue pour générer une pauvreté structurelle qui atteint au bien-être des mères comme des enfants.

Une analyse plus poussée a révélé que les stagiaires qui sont des parents isolés voient leur bien-être évoluer très favorablement en cours de formation, avec des résultats souvent meilleurs pour ce sous-groupe que pour les autres stagiaires.

La moitié des stagiaires est parent d’enfant mineur, et parmi les parents, plus d’un un sur trois (37%) est une mère isolée. L’immense majorité de ces mères (87%) héberge son ou ses enfant(s) mineur(s) à temps plein, (pas de garde alternée). Parmi les mères qui étaient isolées en début de formation, neuf sur dix le sont toujours en fin de formation.

Les stagiaires qui sont des parents isolés font face à plus de problèmes que les autres stagiaires. Dans l’ensemble, les stagiaires CISP sont nombreux à déclarer qu’ils rencontrent au moins un problème important – en début de formation, ils sont 60% à être dans ce cas. Parmi les parents isolés, la proportion monte à 80% ! Bonne nouvelle : la situation apparaît nettement améliorée en fin de formation puisqu’elle ne concerne plus à ce moment que 67% des parents isolés.

En début de formation, les problèmes les plus fréquemment rencontrés par les stagiaires mères isolées sont les problèmes d’argent (35% d’entre elles sont concernées), suivis par les problèmes familiaux (23%) et de santé (19%), les problèmes de logement et judiciaires en concernant chacun 13%. En fin de formation, on observe une disparition complète des problèmes judiciaires, une diminution importante des problèmes de santé (19% de mères solos concernées au début, 6% à la fin) et familiaux (23% au début contre 13% à la fin). ; en revanche, les problèmes d’argent augmentent pour toucher 39% des mères isolées en fin de formation.

Quant au nombre de problèmes différents rencontrés par ces stagiaires, on constate également une très nette amélioration, puisque 26% en rapportent deux ou plus en début de formation, contre seulement  13% en fin de formation.

En matière de satisfaction générale, les parents isolés progressent plus que la moyenne. En début de formation, la satisfaction générale des parents isolés est quasi identique à celle de la moyenne des répondants (environ 50% de stagiaires « pas vraiment » ou « pas du tout » contents de leur vie), mais elle évolue ensuite de façon un peu différente, avec de meilleurs résultats pour les parents isolés surtout dans les extrêmes (presque plus de parents « pas du tout contents », forte augmentation des parents « tout à fait contents), alors que la moyenne des répondants évolue surtout dans les catégories intermédiaires (« diminution des « pas vraiment » au profit des  « assez » contents).

Les projets des parents isolés  évoluent mieux que la moyenne : alors que seulement 9% d’entre eux avaient un indice de projet élevé en début de formation, ils sont 37% dans ce cas en fin de formation. A l’inverse, 34% avaient un indice médiocre en début de formation, mais seuls 17% sont encore dans ce cas en fin de formation. On voit dans le graphique ci-dessous que la répartition des indices des stagiaires est assez contrastée selon la situation parentale en début de formation, (lignes en pointillés) mais tend à se ressembler à la fin (ligne pleines), avec néanmoins les meilleures résultats pour le groupe parents solos, chez qui on observe le moins d’indice médiocres et quatre fois plus d’indices élevés qu’au début.