D’après un inédit sondage de notoriété, 80% des Belges francophones estiment qu’il est important de sensibiliser les consommateurs à l’économie sociale.

Pourvoyant un emploi sur huit en Wallonie et à Bruxelles, l’économie sociale est ancrée dans notre tissu économique. Elle prône des valeurs de démocratie, coopération, solidarité, pour construire une société plus cohérente, harmonieuse et durable. Pour la première fois, un sondage a été réalisé sur sa notoriété auprès d’un échantillon représentatif de 1000 Belges francophones vivant en Wallonie et à Bruxelles. Il en résulte que ces derniers sont favorables à ses principes, apprécient ses biens et services et aspirent à en consommer davantage, sous réserve d’une meilleure visibilité. Un besoin reconnu par le Gouvernement Wallon, qui vient de débloquer 2,5 millions d’euros supplémentaires, dans le cadre de son plan de relance, pour promouvoir ce modèle économique alternatif.

54% des Belges insatisfaits du modèle économique actuel

Marquée par de multiples crises systémiques (crise financière de 2008, Covid-19), le modèle économique capitaliste ne rencontre plus les aspirations de la majorité des citoyens belges. En effet, seuls 8 % des personnes interrogées trouvent que le modèle économique actuel est tout à fait satisfaisant, tandis qu’elles sont 54 % à le déplorer. Pour 55 % des belges francophones, il est nécessaire de repenser le modèle économique actuel. Une volonté de changement qui se reflète dans leurs habitudes de consommation, puisqu’ils sont de plus ne plus nombreux à être attentifs à la provenance des produits (52 %), à privilégier les commerces de proximité (48 %) et à faire attention à leur empreinte écologique (42 %).

Une personne sur deux a déjà entendu parler de l’économie sociale

52 % des belges francophones ont déjà entendu parler de l’économie sociale. Une connaissance transversale dans les catégories d’âge, avec une légère prépondérance dans les catégories socio-professionnelles dites « supérieures » (58 %). Bien qu’elle existe depuis plus d’un siècle, l’économie sociale n’est pour autant entrée que récemment dans nos modes de consommation. En effet, 60 % des répondants ont le sentiment de connaître l’économie sociale depuis moins de trois ans, tandis qu’ils sont 12 % à affirmer la connaître depuis toujours.

44% des consommateurs lui accordent une note d’excellence  

L’enquête révèle que 47 % des personnes qui connaissent l’économie sociale ont déjà consommé « économie sociale ». 56 % sont des consommateurs réguliers, et 39 % sont des consommateurs occasionnels. Aussi, 66 % des consommateurs attribuent une note d’excellence à leur expérience d’achat. L’opinion globale sur l’économie sociale est aussi très encourageante : 44 % des personnes lui attribuent une note d’excellence, et seuls 15 % donnent une note d’insatisfaction en dessous de la moyenne de 5. Par ailleurs, 71 % des répondants voient en l’économie sociale un modèle innovant, 70 % soulignent la qualité de son offre, et 54 % estiment que ses biens et services sont bon marché. Globalement, l’économie sociale est donc très bien perçue par la population, et ce de manière transversale.

Un manque d’identification et de visibilité

Si l’économie sociale jouit d’une excellente opinion publique, la connaissance de ses quatre principes fondamentaux et l’identification de son offre demeurent mitigés. Seuls 35 % des répondants reconnaissent facilement un service ou produit issu de l’économie sociale, et ils sont 80 % à affirmer qu’ils pourraient consommer davantage si cette offre était plus visible. Dans le même ordre d’idées, 77 % des répondants affirment qu’un choix plus large de produits et services pourrait les inciter à consommer davantage. Sur l’ensemble du panel, 80 % des répondants estiment qu’il est important de sensibiliser les consommateurs à ce mode de consommations.

2,5 millions pour développer la visibilité de l’économie sociale en Wallonie 

Depuis de nombreuses années, la Wallonie soutient l’économie sociale. Elle a d’ailleurs été une des régions pionnières d’Europe dans cette matière. L’économie sociale figure aujourd’hui au cœur des projets de transition économique, écologique et sociale de la déclaration de politique régionale 2019-2024. Après avoir dégagé 8 millions d’euros pour booster ce modèle économique alternatif (circuits courts, soutien à l’émergence de la banque coopérative NewB, sensibilisation via l’enseignement supérieur, bourses impact social, financement des coopératives, etc.) en tout début de législature, le Gouvernement wallon, via sa Ministre en charge de l’Économie Sociale, Christie Morreale, vient d’allouer une enveloppe supplémentaire de 2,5 millions d’euros au développement de la notoriété de l’économie sociale ainsi qu’au soutien à l’action de W. Alter dans le financement des coopératives dans le cadre du Plan de relance de la Wallonie. Une décision en phase avec son ambition de fixer, à l’automne, une feuille de route stratégique de développement du modèle à l’horizon 2020-2024.

L’économie sociale : une économie raisonnée, au service de l’humain  

L’économie sociale, ce sont des milliers d’associations (ASBL), sociétés et coopératives à finalité sociale, fondations et mutuelles. Chaque jour, elles produisent des biens et services dans tous les domaines d’activité (énergie, santé, alimentation, logement, mobilité, construction, titres-services, etc.). A la différence des entreprises classiques, leur raison d’être est de rencontrer les besoins de la société, plutôt que de viser le seul profit. C’est cette finalité sociale qui est au cœur de leur projet.

Les 4 fondamentaux de l’entreprise d’économie sociale :

  • rendre service à la société, plutôt que de faire du profit à tout prix
  • prendre des décisions collectivement, de manière horizontale
  • réinjecter les bénéfices dans l’activité, pour plus d’impact
  • la gestion et la prise de décision ne sont pas dirigées par une autre entreprise ou un pouvoir public

L’économie sociale en 3 chiffres :

  • l’économie sociale pourvoie un emploi sur huit en Wallonie et à Bruxelles.
  • de 2013 à 2018, le nombre total d’emplois ES a augmenté de 8,9 %, contre 2% pour l’économie « classique ».
  • sur la même période, l’économie sociale a généré 20 % de la création nette d’emploi.

(Communiqué de ConcertES, plate-forme de concertation des organisations représentatives de l’économie sociale en Belgique francophone)