Pour le secteur de l’insertion sociale, la circulaire relative à la reprise des activités progressives a été complétée par une annexe qui reprend des informations spécifiques aux SIS.

Cette annexe précise que l’organisation d’activités collectives virtuelles est autorisée, mais « une attention particulière devra être accordée au maintien du contact individuel avec le public touché par la fracture numérique et qui, par conséquent, ne peut participer aux activités organisées à l’aide de différents outils numériques. De façon à rendre compte de ces démarches, l’Administration invite à tenir un registre des contacts individuels pris (type, motif …), cela permettra la justification des suivis réalisés. »

Parallèlement à la publication de cette circulaire, le GT SIS s’est réuni lundi 18 mai. Ce moment d’échange fut l’occasion de dresser un état des lieux de la reprise des activités. Cette reprise s’établit de manière variable en fonction des structures et de ses moyens logistiques et humains, mais également au regard des besoins exprimés par les bénéficiaires. Néanmoins, pour une partie du public le retour au SIS se révèle compliqué, entre l’angoisse, les problèmes de transport et de garde d’enfant, le secteur s’inquiète pour ce public touché par la fracture numérique et qui risque de ne pas pouvoir participer aux activités en présentiel.

Pour la plupart des SIS présents la reprise s’organise autour d’activités en extérieur (projets de jardin collectif, promenades, etc.). À titre d’exemple, au SIS d’Esneux, c’est à raison de deux fois par semaine de 10h à 16h que les bénéficiaires pourront à tour de rôle se mobiliser autour du potager collectif. Comme il n’est pas possible de fournir des outils à chaque participant, le matériel est désinfecté après chaque utilisation. Cette activité s’organisant à l’extérieur, les mesures de distanciation sociale seront plus facilement respectées. Plusieurs SIS vont également tenter de mobiliser leur public autour de projets solidaires comme la confection de masques de protection.

Au CPAS de Gembloux, il y a une volonté de remettre sur pied prioritairement le groupe de parole « parents » composé de mamans qui ont manifesté à plusieurs reprises le besoin de se réunir. C’est la question de la garde des enfants qui se pose, le CPAS de Gembloux réfléchit à une série de dispositions à mettre en place afin d’organiser la garde des enfants (recours à une ASBL qui prendrait en charge la garde des enfants ou encore autoriser la présence des enfants). Les activités culinaires vont également reprendre : les locaux seront aménagés et du matériel acheté de façon à reprendre avec un nombre restreint de personnes où chacun disposera de sa table et son matériel.

Dans tous ces exemples, le respect des conditions d’hygiène et de sécurité impliquera le dédoublement de groupe. Chez Défits, les locaux permettent l’accueil de groupes de 4 personnes maximum, un groupe participera aux activités le matin, un autre l’après-midi. Les groupes seront toujours composés des mêmes personnes et pris en charge par la même animatrice afin de minimiser les risques.

Naturellement, le besoin de convivialité et la dynamique du groupe, essentiels au travail collectif, se heurte à la nécessité de respecter les mesures d’hygiène. Néanmoins, la priorité est de remobiliser les bénéficiaires dont le rythme a été complètement ébranlé par le confinement forcé. C’est pourquoi au niveau du contenu, des activités dites « d’accroche » seront privilégiées afin de permettre une réintégration progressive. Au SIS de Waremme par exemple, parallèlement à la reprise d’activités collectives en présentiel (promenade en extérieur), les vidéoconférences s’organisent toujours à raison de 3 fois par semaine à 10h afin d’aider les bénéficiaires à reprendre progressivement un rythme avant le retour en présentiel.

Tous ces exemples mettent en évidence que les modalités de reprise adoptées actuellement s’écartent inévitablement des aspects réglementaires qui régissent les activités en temps normal. En effet, la nature des services SIS est, entre autres, de fonctionner en aller-retour entre activités collectives et individuelles. Cependant, le contexte actuel implique une réinvention du travail de mobilisation afin de répondre à la vulnérabilité grandissante du public des SIS en mettant en place des activités permettant d’encourager le retissage des liens sociaux.