| L’accompagnement, confiance ou contrôle ? |
- La logique d’accompagnement des publics CISP glisse de plus en plus vers une logique de contrôle (notamment avec l’arrivée du dossier unique) ce qui n’est pas sans poser de difficultés aux CISP dont la relation pédagogique avec les stagiaires est basée sur la confiance.
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- Il est démontré qu’un accompagnement fréquent et physique joue un rôle central dans le retour à l’emploi des chômeurs de longue durée. Le sentiment de soutien perçu est l’élément déterminant car il favorise la motivation, la confiance et la persévérance de la personne accompagnée.
- Le contrôle n’a de sens que si la durée de chômage dépend de décisions sur lesquelles le chômeur a une emprise.
- En Belgique, le renforcement du contrôle ne corrige pas forcément la trajectoire de chômage et les effets du contrôle s’observent surtout pour des profils proches de l’emploi. Les études sur la question soutiennent l’organisation d’un accompagnement intensif et personnalisé avec un référent stable pour le chômeur de longue durée.
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7 janvier 2026 |
| Évaluer les CISP – enjeux et méthode |
Les CISP pourraient prochainement être davantage soumis à des exigences de performance. Le choix des indicateurs de performance est l’objet d’une controverse. |
- Les indicateurs qui permettent d’évaluer une action peuvent se classifier selon la chronologie du projet : indicateurs de contexte, ressources, processus, résultats, effets nets et impact.
- Les CISP rendent déjà compte d’éléments qui conditionnent leur agrément et leur subventionnement sur des indicateurs de contexte, de ressources, de processus et de résultats.
- L’évaluation d’impact et la mise en évidence d’effets nets requiert des moyens importants dont ne disposent pas les opérateurs mais bien des instituts de recherche.
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7 janvier 2026 |
| L’alpha comme facteur d’ISP |
- Il est essentiel de maintenir la place des filières alpha au cœur des dispositifs CISP
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- Considérée comme un droit humain fondamental, l’alphabétisation est un pilier de l’éducation permanente et de l’insertion socioprofessionnelle. Les deux aspects sont interconnectés, car l’alphabétisation agit comme un catalyseur qui ouvre des portes à la fois sur le marché du travail et au sein de la société. Sans elle, l’exclusion est presque inévitable dans le monde actuel.
- Ainsi, les formations en alphabétisation ne sont pas seulement des apprentissages techniques. Elles représentent un véritable levier d’émancipation. Ces deux pans de la formation alpha donnent aux individus les moyens de s’insérer durablement dans le monde du travail, de participer activement à la société et de construire un avenir plus autonome.
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Janvier 2026 |
| L’articulation des apprentissages CISP avec les besoins des employeurs |
- Comment contrer l’ idée reçue selon laquelle les CISP seraient déconnectés des réalités économiques ?
- Avec une politique adéquationniste, les CISP pourraient être contraints de former davantage
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- Les CISP accompagnent des personnes très éloignées de l’emploi : chômeurs de longue durée, personnes en situation d’illettrisme, bénéficiaires du CPAS, personnes primo-arrivantes, personnes en situation de handicap, etc.
- Ces publics ne trouvent pas leur place dans les « dispositifs classiques » de formation et/ou d’emploi.
- Les CISP déploient un accompagnement global pour ces publics : développement des savoirs de base (alphabétisation, remise à niveau, …), acquisition de compétences professionnelles (compétences transversales et techniques), travail sur l’autonomie, la confiance en soi qui toutes renforcent les personnes sur leur parcours d’insertion globale et notamment, accentuent la robustesse de leur profil pour accéder à) l’emploi.
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5 novembre 2025 |
| Les facteurs explicatifs du décrochage en formation CISP |
- Les décrochages en cours de formation sont nombreux et liés au profil du public CISP plus vulnérable.
- Vu la fragilisation accrue du public CISP, les risques de décrochage augmentent et les enjeux de l’accompagnement psycho-social au sein des CISP n’en sont que plus importants.
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- Le décrochage n’est jamais lié à un seul facteur : il résulte toujours d’une combinaison d’éléments personnels, sociaux et institutionnels.
- Comprendre le décrochage démontre l’importance sociétale des CISP : ils interviennent précisément là où aucun autre acteur ne peut répondre aux besoins du public.
- Prévenir le décrochage implique de renforcer l’accompagnement global et de reconnaître que l’accroche est un travail continu, qui dépasse largement le seul cadre pédagogique.
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Novembre 2025 |
| Les freins à l’insertion entre publics et marché du travail |
- Les politiques d’insertion à l’emploi doivent impérativement prendre en compte les freins à l’emploi qui concernent le public.
- Il faut aussi travailler sur le marché du travail qui n’est pas toujours assez inclusif.
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- Les publics accompagnés par les CISP cumulent des freins : faible maîtrise de la langue, problèmes de santé, mobilité réduite, absence de diplôme, manque de confiance en soi, etc.
- Le marché du travail, de son côté, reste peu inclusif : exigences irréalistes (expérience pour un premier emploi), discriminations à l’embauche (âge, origine, genre), manque d’adaptation aux profils diversifiés.
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6 novembre 2025 |
| Les risques d’un financement à la performance |
- Le financement à la performance n’est pas un modèle adapté aux CISP qui ont peu de maîtrise sur les résultats en termes d’insertion directe (qui dépendent de facteurs indépendants de leur contrôle)
- C’est pourtant le modèle vers lequel le ministre wallon de l’emploi voudrait se diriger.
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- La rémunération à la performance des opérateurs subsidiés comporte deux risques majeurs : l’écrémage (le recrutement des chômeurs les plus employables au détriment des autres) et le parking (la concentration des moyens sur les chômeurs en formation les plus employables).
- Privilégier des services structurels évite de s’exposer au risque de la perte au fil du temps de l’expérience acquise par les professionnels.
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7 janvier 2026 |
| Les risques d’un modèle adéquationniste |
- Alors que le gouvernement oriente ses politiques d’emploi vers un modèle adéquationniste, il est important d’en pointer les limites.
- Il faut également questionner les conditions de travail des métiers en pénurie.
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- Le modèle porté par le législateur réaffirme un postulat adéquationniste : l’objectif est de faire concorder le profil du chômeur avec la demande d’emploi.
- Contrairement aux attentes, les formations aux métiers dits « en tension » n’offrent pas nécessairement une insertion plus rapide ni plus stable sur le marché du travail. Il est urgent de questionner les conditions de travail et d’emploi dans les secteurs dits « en tension ».
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7 janvier 2026 |
| L’ISP face au narratif anti-chômeurs |
- Comment réagir dans un contexte politique où les publics sans emplois sont de plus en plus dénigrés et pointés du doigts comme seuls responsables de leur condition ?
- Une guerre culturelle se joue concernant les personnes sans emploi, et elle peut avoir des effets concrets sur les CISP et leurs publics.
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- Les caricatures qui stigmatisent les personnes éloignées de l’emploi comme des « profiteurs fainéants » ne sont pas seulement une manière de criminaliser et déshumaniser ces personnes, elles servent aussi un projet politique qui vise à affaiblir la dimension sociale de l’insertion socio-professionnelle et à la soumettre à la logique du marché.
- Réduire le fait de ne pas trouver de travail à des comportements individuels masque les causes structurelles et les inégalités sociales.
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19 novembre 2025 |
| L’orientation vers les métiers en pénurie dans les CISP |
- Comment contrer l’idée selon laquelle “Il suffirait de former aux métiers en pénurie et le problème de l’emploi serait réglé” ?
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- Les métiers en pénurie (construction, aide aux personnes, logistique, horeca, …) offrent des débouchés concrets, mais ils ne dictent pas l’orientation à tout prix.
- La priorité reste les capacités et le projet de la personne, afin de construire un parcours réaliste et durable. Les CISP contribuent à préparer leurs publics à toute une série de métiers y compris ces métiers, tout en tenant compte des contraintes réelles qu’ils impliquent. L’accompagnement reste ainsi progressif et personnalisé, garantissant que chaque insertion soit solide et adaptée aux compétences et aspirations de chacun.
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16 novembre 2025 |
| Métiers en pénurie et en tension en Wallonie – analyse contextuelle |
- Comment mieux comprendre la question des métiers en pénurie, en Région wallonne, à l’heure où ils sont souvent présentés comme la solution miracle pour l’insertion ?
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- Actuellement, en Wallonie, les métiers en pénurie ne s’expliquent pas principalement par un manque de candidats ou de motivation des demandeurs d’emploi, mais plutôt par des causes structurelles liées aux conditions de travail, aux pratiques de recrutement et à la qualité des emplois proposés.
- Les données disponibles montrent que se former à un métier en pénurie ne garantit ni une insertion plus rapide, ni un emploi stable, ni de meilleures conditions de travail, en particulier pour les femmes.
- Les politiques centrées uniquement sur l’orientation massive vers les métiers en pénurie risquent de fragiliser davantage les parcours des publics les plus éloignés de l’emploi.
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12 décembre 2025 |