Outre un échange autour des pratiques mises en place pour maintenir le lien avec les usagers, notre dernier GT a permis de dégager une série de préoccupations et priorités à questionner dès la rentrée en janvier 2021.

A la suite de notre échange autour des « box » créatives, plusieurs SIS se sont inspirés de cette initiative. Le CPAS d’Eghezée témoigne du succès de cette activité auprès des bénéficiaires qui se sont montrés très enthousiastes et motivés à participer aux ateliers suivants. Pour rappel, l’objectif de cette première box était de permettre aux participants de réaliser un repas chez eux, à l’aide notamment d’une visioconférence où l’animateur réalisait également les différentes étapes de la recette. Malgré l’intermédiaire de l’écran, certains participants soulignent tout de même leur sentiment d’être « de retour à la maison de quartier ». La possibilité de réaliser des photos, pour ceux qui n’avaient pas accès à la visio, a permis de les mobiliser dès le matin. Ainsi, la distribution de ces boîtes créatives participe grandement à la remobilisation des usagers depuis leur domicile.

La deuxième partie du GT a porté sur l’identification d’une série de questionnements au regard des enseignements tirés lors de ces deux périodes de confinement : 

Problématique des 19h d’activités collectives par semaine pour 1 ETP 

Les participants ont rappelé la difficulté de mettre en œuvre 19h d’activités collectives. En effet, le poids de l’organisation et de la créativité nécessaire à la mise en place des activités est lourd pour un seul travailleur. Ces contraintes laissent moins de place au travail individuel qui s’est révélé d’autant plus essentiel en cette période de crise. En conséquence, les participants se positionnent en faveur d’une diminution à 16h d’activité calculée sur 44 semaines et de la possibilité de réaliser une moyenne annuelle.

Depuis le 1er confinement, certains SIS n’ont plus reçu de public

Cette réalité a de quoi inquiéter le secteur quand on sait que l’isolement aggrave les problèmes de santé mentale. L’intégration des personnes précarisées dans un dispositif d’insertion sociale est une partie importante du travail qui ne se réalise plus. La difficulté d’accès aux services de première ligne et particulièrement la suspension des activités en présentiel, principales voies d’accès pour un public précarisé, renforcent ces inquiétudes.

Lutter contre la fracture numérique au sein du SIS

Les travailleurs présents rappellent que les bénéficiaires du SIS ne sont pas prioritaires dans l’octroi d’aides afin de pouvoir bénéficier d’un équipement informatique. Les participants souhaitent se pencher sur la question et préparer des réponses cohérentes au regard de la réalité du public SIS fortement touché par la fracture numérique.

Les problèmes de santé mentale se renforcent

Les services spécialisés étant saturés et les activités collectives suspendues, les travailleurs sociaux se sentent démunis face à la détresse psychologique manifestée par un grand nombre de bénéficiaires qui n’avaient que le groupe et le SIS comme échappatoire. Le GT se questionne : si la situation de confinement perdure, qu’adviendra-t-il pour leur public ?

Tous les travailleurs constatent un rebond des problèmes psychologiques et souhaitent qu’une attention particulière aux problématiques de santé mentale soit accordée par les autorités régionales dans les réponses qui seront apportées à cette crise sanitaire et sociale.

Zina Colinet